jeudi 8 décembre 2011

Zebda au Centre Musical Fleury Goutte d'Or Barbara


Tactikollectif & Zebda présentent
« POS, Plan d’Occupation du Sol » - Les 8, 9 et 10 décembre 2011 au Centre Musical Fleury Goutte d’Or Barbara.
EDITO
En 2011, après sept années d’absence, le groupe Zebda se reforme et reprend la route. L’association Tactikollectif, intiment liée à l’aventure Zebda, a choisi de l’accompagner sur quelques dates,  en proposant durant trois jours au Centre Musical Fleury Goutte d’Or, une série de rencontres, projections et spectacles, autour de la mémoire de l’immigration et des quartiers populaires.
Nous sommes depuis 25 ans dans un contexte où la question de l‘immigration, en lien avec les quartiers est centrale dans la vie politique française, virant parfois à l‘obsession… Intimement liée à Zebda, l'association Tactikollectif est mobilisée depuis plusieurs années sur les questions de patrimoine politique et culturel de l’immigration. Elle l'est aussi sur le vécu les aspirations des habitants des quartiers populaires, en s’inscrivant dans un réseau d'associations issues des quartiers et de l'immigration (notamment le Forum Social des Quartiers Populaires). A travers ces problématiques, il s'agit de dire le  rapport à la société française à sa mémoire collective, et à son histoire, et de dire bien sûr de la place que l'on y occupe. 
Les 8, 9 et 10 décembre 2011, au Centre Musical Fleury Goutte d’Or, il s'agit, autour du thème "Mémoire des expressions sociales et culturelles dans les quartiers populaires", de proposer un espace où puissent se rapprocher habitant-e-s, militant-e-s , artistes, acteurs culturels. Contrairement à ce que certains se plaisent à penser, nous ne sommes pas dans un désert politique et culturel et la force de ces expériences , qui ne datent pas d'hier,  contribuent aujourd'hui au renouvellement des formes politiques, et des solidarités.

Jeudi 8 décembre
18h | Rencontre débat | Entrée Libre
« Les vieux migrants vivent dans la tourmente. »
Avec Moncef Labadi (Café Social), Ali El Baz (ATMF), Salah Amokrane (Tactikollectif)

Des vieux migrants sont traqués. C'est une chasse sans merci à laquelle se livrent les contrôleurs de la CNAV, de la MSA de la CAF et de la CPAM, sans oublier les agents des impôts. Des contrôles discriminatoires et des pratiques brutales, d'ailleurs fermement dénoncés par la HALDE, dans une délibération du 10 mars 2010. Leur cible de choix : les vieux migrants bénéficiaires ou éligibles à l'Allocation Solidarité Personne Agée (ASPA). En effet, ces retraités "navettent" entre ici et là-bas, méconnaissent leurs droits et ne savent pas se défendre face à une administration qui les maltraite souvent. Une situation qui a conduit, des collectifs, des associations et des militants des droits de l'Homme à se mobiliser pour dénoncer cette chasse aveugle et exiger respect et dignité pour ces anciens travailleurs immigrés devenus des boucs émissaires. Pour bon nombre d'entre eux, avec moins de 700 euros mensuels, survivre et faire vivre la famille est un exercice de renoncement : il leur faut se passer des soins élémentaires, se priver, se murer dans un silence résigné et "s'invisibiliser". Les vieux migrants seraient-ils des fraudeurs ? Que dire alors des droits à jamais perdus à cause d'employeurs peu scrupuleux, qui n'ont pas déclaré des années de cotisation ? Pour ces vieux migrants aujourd'hui retraités, pouvoir repartir au pays afin de renouer avec la famille, s'offrir un peu de répit et s'entourer des leurs est un droit. Pouvoir revenir et retrouver leurs soignants et leurs repères est aussi l'expression d'un droit inaliénable. Une liberté non-négociable, car la seule qui leur reste.
20h30 | Concert | Complet
ZEBDA
Première partie : Enz (Hip Hop)

Vendredi 9 décembre
14h | Lecture Magyd CHERFI, "Racontages".
Une série de textes à l'eau de Cologne et au persil dont il nous fait la lecture, et qui en disent moins sur lui que lui sur vous. Textes issus de ses ouvrages "Livret de Famille" et la "Trempe", ou une chronique d'un parcours de vie dans les quartiers nord de Toulouse.
Réservé aux collégien-ne-s. Plus d’informations auprès du Centre Fleury Goutte d’Or

18 h | Projection | Entrée Libre

"Mouss et Hakim, Origines Controlées", un film de Samia Chala et Thierry Leclère, en présence des réalisateurs

Mouss et Hakim, chanteurs du groupe Zebda, ont lancé une expérience, un nouveau groupe et même un festival, appelé « Origines Contrôlées », visant à reprendre les chansons de l’immigration algérienne que leurs parents écoutaient en les remettant au goût du jour.
Les musiciens transmettent leur héritage culturel à un large public venant de tous les horizons et qui se rassemblent autour de valeurs universelles. Les Toulousains ont réussi là où beaucoup de politiques, d’intellectuels ou même d’artistes ont échoué : ils arrivent à faire connaître et aimer la culture immigrée des parents, celle de la première génération, grâce à leur musique. Avec Mouss et Hakim, l’histoire de l’immigration n’est plus un discours, encore moins un « problème ». Le film s’interroge sur la transmission de l’héritage culturel des parents et sur le passage de témoin entre générations.
19h | AOC | Entrée Libre
Rencontre chantée avec Mouss et Hakim
20h30 | Concert | Complet
ZEBDA
Première partie Kalash (Rock’n Rap)

Samedi 10 décembre
14h | Projection | Entrée Libre
« Les Ambassadeurs » de Naceur Ktari
Dans le quartier de la Goutte d'Or de Paris, les émigrés nord-africains vivent en groupe parce qu'on n'en veut pas ailleurs. Les deux communautés arabe et française, forcées de cohabiter, ne se comprennent pas et s'affrontent. Salah venu du sud du Maghreb, découvre la vie d'un émigré à Paris et assiste en témoin ou en acteur aux incidents quotidiens qui tissent la vie de ses compatriotes. Celle-ci, sauf si l'on suppose des moyens peu honnêtes, est pénible et douloureuse. Les Français racistes du quartier prennent l'initiative d'agressions qui vont jusqu'à un double assassinat. Salah, aidé de camarades décidés prend conscience qu'il faut agir et collabore à l'organisation d'une manifestation de masse. Tous se retrouvent au palais de justice unis et décidés.
16h | Rencontre débat  | « Barbès la Rebelle »
Animé par Tarek Kawtari, avec Farid TAALBA, chercheur et auteur d’une étude sur Barbès des années 50 ; Cherif CHERFI, animateur du festival des travailleurs immigrés de 1978-1979, acteur du MTA et des comités Palestine ; et Mokless et Ahmed KOMA de la Scred Connexion ; un témoin des émeutes de 1955.
Barbes est un quartier populaire connu pour sa population bigarrée. S’y sont  succédées des vagues d’immigration, des quatre coins du monde. Ses habitants sont catalogués dans la rubrique des faits divers comme des fauteurs de troubles ou potentiel problème. Pourtant, ce quartier a une âme, une histoire, et une longue tradition de création culturelle, politique et sociale. Derrière l’image d’un quartier « voyou », d’un quartier de « clando » et de trafics en tout genre, existe une mémoire, une histoire de mobilisations, de luttes qui ont contribués à l’émergence d’une parole politique de l’immigration et des banlieues.
Cette rencontre reviendra sur trois périodes qui ont marquées l’histoire de ce quartier au fil de trois générations.
18h | Apéro-concert avec Rachid Benallaoua
20h30 | Concert | Complet
Zebda
Durant trois jours :
Fil Rouge « Orchestre maison », Le Bal d’Origines, emmené par Rachid Benallaoua, mandole du groupe « Origines Contrôlées » accompagné d’un orchestre réunissant des musiciens et chanteurs toulousains, ouvre ses portes à un répertoire de standards du style Chaabi (populaire en arabe), né dans les ruelles d’Alger au début du XXe siècle, et nous invite à partager autour de ce patrimoine commun.

mercredi 23 novembre 2011

Hommage à Mustapha Hasnaoui/Projection du film ZELAL



Jeudi 24 novembre 2011 18:30 - 21:30 à l'Institut du Monde Arabe 

"Zelal"réalisé par Mustapha Hasnaoui et Marianne Khoury, sera projeté le jeudi 24 novembre 2011 à 18h30, à l'occasion "des jeudis de l'IMA", à l'Institut du Monde Arabe, à Paris. Cette projection en hommage à Mustapha Hasnaoui, décédé le 15 janvier 2011, sera suivi d'un débat en présence de nombreux intervenants: cinéastes, critiques, artistes, amis...Mais également de sa compagne, la cinéaste Florence Strauss et de sa fille, Hind Hasnaoui.Auteur et réalisateur de nombreux documentaires,Mustapha Hasnaoui, nous plonge à travers le film "Zelal", dans l'un des lieux les plus inaccessibles d'Égypte : le monde de la psychiatrie et de la "folie".Un regard au delà des clichés, l'amour de l'humanité, l'amour des êtres en souffrance...

dimanche 20 novembre 2011

Un regard autre

Le parti pris de cet ouvrage va à l'encontre des études anthropologiques classiques qui ont toujours privilégié le regard occidental. Cette fois, c’est le regard de « l'Autre », qu'il soit Africain, Océanien, ou Américain, qui nous est présenté, et c’est l’homme blanc qui est l’individu curieux, objet de tous les fantasmes. À travers une histoire de la colonisation, grâce à une importante documentation et une iconographie exceptionnelle, cet ouvrage donne à voir les objets d’art qui représentent l’homme blanc dans les civilisations non occidentales. Dans un tour du monde, l’auteur présente différents objets caractéristiques et s’attache à déterminer leur symbolique pour les cultures indigènes et ce qu’ils disent de l’homme blanc. (note de l'éditeur)

lundi 7 novembre 2011

Bauhaus, kitsch et "Jours de France"



Frédéric Scheibe est non seulement un photographe mais un inventeur. Ce photographe né à Berlin en 1910, arrive à Paris après-guerre et devient rapidement, en duo avec sa femme Hildegard au stylisme, le photographe attitré de « Jours de France », le magazine de Marcel Dassault.

Son système de prise de vue en studio fait basculer la photographie de mode dans une démarche commerciale à grande échelle. Et ce magazine à l'esthétique classique, devient le lieu d'expérimentations techniques de 1964 au début des années 1980.


Visuellement, les photographies de Frédéric Scheibe se situent dans un entre-deux - véritable précurseur de « photoshop » - entre les séries de mode révolutionnaires emmenant les mannequins dans la rue et celles, quasi cliniques, sur fond neutre.

Ses 9 000 ektachromes doivent se voir aussi en regard du travail effectué par Hildegard. Elle tenait de petits carnets dans lesquels les légendes étaient liées aux images créant ainsi de véritables archives.

A partir de 1964 et pendant deux années, cet ancien élève du Bauhaus berlinois peaufine une invention qu'il ne déposera jamais, mais qui lui permet de suivre le rythme des pub
lications. Grâce à sa formation initiale, il acquiert un pragmatisme, une efficacité et une inventivité. Il utilise un classique appareil de prise de vue auquel il ajoute un complexe système de miroirs dans lesquels se reflètent la projection d'une image de second plan dont il était aussi l'auteur.

Avec Scheibe, la photographie de mode devient un objet à construire, selon plusieurs plans, schéma que l'on retrouve dans la quasi totalité des ektachromes de la collection. Un second plan (projeté) offrant une ouverture vers l'horizon, un banc ou une chaise puis le modèle. Ce système permet au photographe de réaliser à peu de frais un grand nombre d'images sans sortir de son atelier.

Le travail photographique de Frédéric Scheibe mêle ainsi intimement recherches techniques, véritables « bidouillages » et invention visuelle. Plusieurs lectures sont possibles de son oeuvre à but commercial mais qui - par la personnalité du photographe - se transforme en bizarrerie artistique autant qu'en mine d'informations pour historiens de la mode.

A voir à la vente Neret-Minet et Tessier du 10 novembre 2011.